carte du monde à gratter pas cher

Lire une carte, ce n’est ni s’orienter grâce à un plan, ni regarder une photo, c’est comprendre ce qu’elle veut dire ! C’est bien pour cela que l’on dit “lire” et non pas “regarder” : il faut connaître son langage et la décoder.
Les éléments de base
Les cartes ont l’air souvent compliqué. Et certaines cartes le sont, si elles sont mal faites ! Mais une carte bien construite vous permettra toujours d’effectuer les premiers repérages nécessaires : situer le sujet, le lieu et la date, ce sont les premiers éléments à trouver.
Le titre : il répond à la question “Quoi ?” (Qu’est-ce qui est représenté ?)
L’échelle : elle répond à la question “Où ?” (parle-t-on du monde ? D’un pays ? D’une région ? D’une ville ?)
La date : elle répond à la question “Quand ?” (Est-ce une photographie à une date précise ? Un état des lieux en telle année ? Ou bien des évolutions sur une période entière ?)
La légende
Après ce premier repérage, il faut s’attaquer à la légende. C’est un langage crypté qu’il faut déchiffrer !
Le texte de la légende
La légende, si elle est très fournie, sera structurée en grandes parties pour montrer comment la carte traite le sujet. Donc n’hésitez pas à lire d’abord les grands titres avant de rentrer dans le détail, et à vous interroger sur le lien avec le titre de la carte, pour comprendre comment le sujet est abordé. Les annotations de localisation sur la carte elle-même sont aussi très précieuses.
Les figurés
Les figurés, ce sont les “codes” à proprement parler de la légende, donc les aplats, les traits, les formes qui sont représentés sur la carte et expliqués dans la légende.
Il y en a 3 types :
Les ponctuels
Les traits
Les surfaces
Les figurés ponctuels
Ce sont les petits symboles, souvent géométriques, qui vont localiser un endroit précis sur la carte. Par exemple : on désigne les villes par des ronds, de petits ronds pour des petites villes, de grands ronds pour des grandes villes. Mais il est important de regarder sa signification dans la légende ! Sinon il peut y avoir confusion : est-ce que des petits ronds indiquent des petites villes en terme de surface ou en terme d’habitants ? Ou en terme d’importance sur le territoire ?
Les figurés linéaires (traits)
Ils vont permettre de représenter les limites, entre régions, pays… ou encore les réseaux de communication(routes, égoûts, chemins de fer…). Là aussi, la taille du trait va permettre de déterminer l’importance de ce qu’il représente.
Pour les flux (de gens, de matières premières…) ou les dynamiques (tout ce qui bouge), on utilisera des traits particuliers : des flèches, pour indiquer le mouvement.
Les figurés surfaciques (aplat de couleurs)
Ils représenteront des zones. Leur couleur dépend souvent du sujet et est assez codifiée ! On met rarement la mer en rouge… L’aplat bleu est donc réservé le plus souvent à l’eau. Si l’on doit représenter des forêts, cela se fera plutôt en vert, et des zones agricoles, en jaune, pour rappeler la couleur des céréales.
Lorsque l’on traite d’un phénomène qui a différentes intensités, on va utiliser plusieurs nuances de la même gamme de couleur. Par exemple le jaune pour désigner les régions peu peuplées, orange pour les moyennement peuplées et rouge pour les très peuplées.
Pour conclure, une fois que vous avez repéré les figurés et leur sens, il faut faire l’aller et retour entre la légende et la carte pour comprendre le sens de ce qui est représenté.
Ce qui n’est pas sur la carte
On pense souvent que le commentaire de carte est plus simple qu’une dissertation. Mais c’est un piège ! Beaucoup de choses ne sont PAS sur la carte…
Un parti pris
La carte est un document qui présente une expression d’idées. Mais avec beaucoup plus d’éléments sous-entendus ! Sans contexte, sans connaissance sur le sujet, il est impossible de comprendre correctement une carte.
Une problématique
Il faut donc se questionner sur la carte et surtout retrouver la problématique qui se cache derrière le titre. Il faut que vous compreniez ce que l’auteur a voulu dire à travers sa carte. C’est un peu comme étudier un sujet de dissertation ! On a le sujet = le titre de la carte, on a la réponse = la carte, il faut retrouver ce qui fait le lien = la problématique. Et à partir de là, expliquer chaque élément, sa présence, toujours en suivant la même méthode interrogative : pourquoi cet élément est-il là ? Pourquoi la légende est-elle structurée comme cela ? Quelle réponse ce figuré apporte-t-il à la problématique ?
Les absents
Il y a une partie encore plus délicate : il faut s’interroger sur les éléments qui ne figurent pas sur la carte alors qu’on les y attendait ! Et pour cela, il faut bien connaître le sujet avant. Cela permet de comprendre le parti-pris de la carte. Une carte de la France de 2013 qui ne ferait pas figurer la Corse montre, probablement, que l’auteur de la carte est pour l’autonomie de cette région. Ou alors il l’a simplement oubliée, mais c’est plus rare…
Pour conclure, une carte n’est ni vraie, ni fausse, mais pertinente ou pas. Traite-t-elle bien le sujet ? Est-elle facilement compréhensible ? Ce sont sur ces critères que l’on peut évaluer une carte.
Le type de carte
Au-delà des premiers repérages vus dans la première partie, de la compréhension de la légende (en deuxième partie) et du questionnement sur ce qui est sous-entendu par la carte (dans la troisième partie), il faut aussi définir le type de carte que l’on aborde. C’est un peu de la cartographie technique, mais cela aide à une meilleure compréhension.

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