couteau traditionnel normand

Aujourd’hui nous allons aborder un sujet archi-débattu, archi-commenté sur le web mais tellement important qu’il est impensable de ne pas y consacré un article sur le site ARTS.

Choisir et acquérir son couteau « de survie » est l’acte fondateur de votre préparation à affronter des situations critiques.

Sans un objet coupant vous ne pourrez pas faire grand chose. Votre couteau, si vous l’avez bien choisi, vous permettra d’effectuer maintes tâches et vous sortira de la plupart des problèmes.

C’est l’achat le plus important que vous avez à faire, il faut donc bien réfléchir avant d’investir, cet article se propose de vous y aider :

Avertissement : Pour les couteaux « de survie » nous ne traiterons ici que de lames fixes, en effet lors d’une situation de grand stress, votre cerveau va réagir de manière basique, revenant à ses fonctions primitives, celles d’un néandertalien, il n’y aura alors plus de place pour des actions compliquées ou fines (sans compter la possibilité d’une hypothermie rendant vos doigts inopérants ou la déshydratation altérant votre jugement), un simple geste tel qu’ouvrir un couteau pliant pourrait alors devenir impossible. De plus, un couteau pliant possède un point de faiblesse évident au niveau de l’axe de fermeture. En situation de survie vous devez privilégier les objets les plus simples et les plus solides (en bref : un couteau à lame fixe à lame épaisse plutôt qu’une pince multifonctions).

Couteau de survie : l’heure du choix.Couteau de survie : l’heure du choix.
Ceci étant dit, votre deuxième critère à privilégier est donc la solidité. Il n’y a pas de place en situation de survie pour une lame qui casse au premier effet de levier ou dans laquelle vous ne pouvez pas compter à 110 %. c’est le critère le plus important… le reste n’est qu’accessoire !

La solidité de votre lame dépend de son épaisseur, donc le calcul est simple, pour les instructeurs ARTS le minimum c’est 5 mm ! Évidemment plus la lame est épaisse plus le couteau est lourd, mais ici nous ne parlons pas d’un couteau de camping ou de randonnée-loisir, nous parlons d’un outil qui peut vous sauver la vie… cela vaut bien un petit surplus de poids dans votre sac !

Couteau de survie : l’heure du choix.
Une fois le modèle choisi en fonction de sa solidité, vous pouvez commencer à regarder les options proposées par les nombreux fabricants du secteur… et là, bon courage, l’offre est pléthorique.

Dans cet article nous allons analyser et comparer 5 couteaux qui remplissent parfaitement la fonction de « couteau de survie » :

Autre précision importante, tous les couteaux qui vous sont présentés sur cette page ont fait l’objet de tests et d’utilisations depuis plusieurs mois (voire plusieurs années pour certains) sur le terrain et pas dans un garage !

Lorsque sur internet vous cherchez des tests valables et vous voulez repérer ceux qui ne le sont pas c’est très simple, regardez l’état des lames et des manches, il doit toujours y avoir des traces d’usures bien visibles -revêtement manquant sur certaines partie médianes de la lame, traces de coup, pétouilles, étui comportant des traces d’usures…- sinon c’est un couteau juste sorti de sa boite et le testeur ne fait que répéter ce qu’il a vu sur d’autres sites… et alors là, méfiance !

Le ESEE 5
Couteau de survie : l’heure du choix.
Le poids lourd des couteaux de survie, indestructible, le choix numéro 1 pour les instructeurs ARTS (mais ça, c’était avant d’être détrôné par le Résilient ! Le couteau issu de la collaboration entre ARTS et la coutellerie Trèfle – voir l’article complet sur le Résilient ici -).

Longueur totale: 27,6 cm
Longueur de la lame: 13,3 cm
Épaisseur de la lame: 6,35 mm
Lame pleine en acier carbone 1095
Manche en G10 orange (très bonne prise en main même avec les mains mouillées)
Poids: 454 g
Inclus: Clip de ceinture et vis de fixation

Ce couteau possède un trou spécifique pour faire tourner une drille (feu par friction) ainsi qu’un brise vitre (peu utile dans la verte…pourquoi pas en ville). Il est doté d’un excellent étui en kydex (encore amélioré par l’ajout d’un molle back et d’une pochette).

Voir l’article complet sur le ESEE 5 ici.

Couteau de survie : l’heure du choix.
Couteau de survie : l’heure du choix.
Couteau de survie : l’heure du choix.
Le FOX PARANG
Couteau de survie : l’heure du choix.
Un excellent couteau de forme atypique. Le Parang est une de courte machette utilisée en Indonésie et en Malaisie par exemple. Son principal intérêt réside dans son poids majoritairement en tête de lame qui permet un effet d’inertie redoutable pour la coupe à la volée. Il lui manque une pointe pour percer mais ses autres options (emplacement pour l’index, repose pouce volumineux, manche ergonomique…) en font un excellent choix comme couteau principal de survie (à privilégier dans des zones de jungle ou à la végétation dense).

Ce couteau a une lame de 17 cm en acier N 690 Co (épaisseur 6 mm), revêtement Idroglider, manche Forprene. Cet acier a été spécifiquement choisi pour ce couteau car il résiste à la corrosion causée par la sève de certaines plantes tropicales.

Pour voir le FOX Parang en action, voir l’article du comparatif entre le FOX Parang et le ESEE 5 ici.

Couteau de survie : l’heure du choix.
Couteau de survie : l’heure du choix.
Couteau de survie : l’heure du choix.
Un couteau artisanal de forgeron.
Couteau de survie : l’heure du choix.
J’ignore le nom du forgeron qui a fabriqué cette lame (si quelqu’un reconnait le travail de l’artisan je suis preneur) la seule information c’est qu’il a été acheté en 2008 au festival du couteau de Nontron en Charente.

Cette lame a une taille raisonnable de 13 cm pour une épaisseur de 5 mm qui lui confère une solidité remarquable.

Couteau de survie : l’heure du choix.
Ce couteau possède un manche en loupe de peuplier de forme ronde idéale en utilisation bushcraft. Il a une apparence plus traditionnelle que le ESEE 5 ou le Fox Parang qui s’accorde bien avec le sac Summit Boulder Jct. de chez Frost River (voir photo).

Le DPX HEST.
Couteau de survie : l’heure du choix.
Voilà bien un couteau atypique pour un usage « survie ». Sa petite taille surprend au premier abord mais à l’usage on prend rapidement conscience des formidables qualités de ce couteau en usage survie ou en back-up (couteau de secours).

Sa prise en main est une des meilleure parmi les couteaux présentés dans cet article.

Il peut se porter de multiples façons, à la ceinture, au cou, sur un sac et peut même être utilsé comme pointe de lance ou pour augmenter l’effet létal d’un piège.

Il est doté d’un étonnant mini pied-de-biche à l’arrière du manche qui ne gène en rien le port de ce couteau.

Doté d’une lame de 5 mm d’épaisseur, le DPX HEST résiste à tous les abus.

Voir ici l’article complet sur le DPX HEST.

Couteau de survie : l’heure du choix.
Couteau de survie : l’heure du choix.
Couteau de survie : l’heure du choix.
Le ESEE JUNGLAS.
Couteau de survie : l’heure du choix.
La Junglas est le résultat de nombreuses années d’expériences de Jeff Randall et Mike Perrin dans la jungle sud-américaine à l’occasion des stages de survie et opérations de lutte contre les narco trafiquants.

Difficile à porter à la ceinture (on approche quand même le kilo avec l’étui) il trouvera plutôt sa place sur le côté de votre sac.

Longueur totale: 42 cm
Longueur du manche: 14 cm
Poids: 935 g (couteau + étui)
Acier 1095 au carbone
Manche avec plaquettes Micarta
N° de série sur le pommeau
Livré avec étui Kydex/Cordura

Entretien:
Les couteaux ESEE sont fabriqués en acier au carbone 1095 qui est un excellent choix pour une utilisation rude et professionnelle. Si le couteau n’est pas correctement entretenu il peux rouiller et se tacher principalement au niveau des marquages et du fil. Il faut donc toujours garder le couteau propre et lubrifié correctement.

Voir ici l’article complet sur le ESEE Junglas.

Couteau de survie : l’heure du choix.
Couteau de survie : l’heure du choix.
Tous ces couteaux étant relativement onéreux (150 € à 190 €), dans une deuxième partie nous présenterons 3 autres couteaux beaucoup plus abordables (de 30 € à 60 €) qui peuvent faire office de couteau de survie en sacrifiant un peu de solidité :

Le MORA 2000.
Couteau de survie : l’heure du choix.
Le MORA 2000 : Léger, fin mais avec un tranchant redoutable, ce couteau peut servir au quotidien pour vos randonnées ou le camping. Pour une situation de survie attention tout de même à sa légèreté et à la finesse e la lame qui ne pardonnera pas un stres latéral trop important. On peut tout de même bâtonné sans problème avec le MORA 2000.

Voir ici un article sur le MORA 2000.

Couteau de survie : l’heure du choix.
Couteau de survie : l’heure du choix.
Couteau de survie : l’heure du choix.
Le COLD STEEL BUSHMAN.
Couteau de survie : l’heure du choix.
Le COLD STEEL Bushman est un autre couteau atypique qui présente des caractéristiques intéressantes en mode « survie ». Son principal atout (outre son prix très abordable) c’est de présenter un manche creux qui peut être monté sur un bâton pour en faire une lance ou pour le fixer sur un piège.

Il possède en outre une longue lame très souple qui encaisse assez bien le bâtonnage. Facile à aiguiser, son acier est très coupant.

Le gros inconvénient de ce couteau est que son manche glisse beaucoup lors d’une utilisation intensive , le port de gant est vivement recommandé. Bientôt un test du Cold Steel Bushman.

Le ESEE Izula.
Couteau de survie : l’heure du choix.
Le IZULA de chez ESEE est particulièrement polyvalent, ce petit couteau fixe est idéal pour tous les jours (EDC/ Every Day Carry) ou en Back-up/survie. Très léger et hyper robuste, il est parfait dans un kit de survie et peut accomplir la plupart des taches sur le terrain.

Évidemment sa petite taille le limite beaucoup en bâtonnage mais sa robustesse est surprenante.

Longueur totale: 15,5 cm
Longueur de la lame: 7 cm
Épaisseur de la lame: 2,5 mm
Acier au carbone
Poids: 60 g sans l’étui
Finition: Texturée noir anti-corrosion
Étui: plastique thermoformé
Manche: « Customisable » par l’utilisateur
Dos: crans de préhension
Coloris: noir

Couteau de survie : l’heure du choix.
Couteau de survie : l’heure du choix.
Couteau de survie : l’heure du choix.
Enfin en bonus nous vous présentons le couteau créé en collaboration avec les instructeurs A.R.T.S. et la coutellerie Trèfle : Le Résilient (voir l’article complet sur le Résilient ici).

Couteau de survie : l’heure du choix.
LE RESILIENT.
Couteau de survie : l’heure du choix.
Couteau de survie : l’heure du choix.
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Couteau de survie : l’heure du choix.

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Couteau de survie : l’heure du choix.Couteau de survie : l’heure du choix.
Couteau de survie : l’heure du choix.Couteau de survie : l’heure du choix.
Vous trouverez ici un article sur la première année d’utilisation du Résilient.

« Être aussi affuté que son couteau » n’est pas qu’une expression populaire, c’est même une expression à double tranchant !

Cela signifie que vous devriez toujours vous préparer mentalement, physiquement, en acquérant des compétences, mais aussi, et surtout, que votre couteau doit toujours avoir un tranchant impeccable.

Vous êtes-vous déjà posé la question : Pourquoi un couteau coupe-t-il ?

La réponse est à chercher dans les lois de la physique, faisons un test :

Appuyez fortement avec votre doigt sur un petit morceau de bois… arrivez-vous à le couper ? Non évidemment, vous le saviez déjà.

Maintenant, sur ce même morceau de bois, appliquer la même force que précédemment mais avec un couteau bien aiguisé… le bois cède sous la pression et pourtant vous n’avez pas exercer de force plus importante sur les fibre du bois. Que s’est-il passé ?

Lorsque vous avez appuyé avec votre doigt, vous avez soumis le bois à une force disons de 20 kilos sur 2 cm carré (à peut près la surface de votre doigt) soit une force totale de 10 kilos au centimètre carré (20/2=10 kg).

Maintenant avec le couteau aiguisé, la zone de contact était beaucoup plus petite, la même force (20 kilos) s’est exercée sur une surface minuscule (prenons 3 microns dans cet exemple) le résultat est que les fibres du bois sont soumises à une force de plus de 65 tonnes au centimètre carré (20/0,0003=66 667 kg).

Donc plus votre couteau sera aiguisé, plus la pression exercée sur les objets à couper sera forte à effort égal de votre part.

Enfin une dernière (et bonne) raison d’avoir toujours un couteau parfaitement aiguisé, testée douloureusement sur le terrain… si vous vous coupez avec votre couteau (ce qui arrivera tôt ou tard), la blessure se refermera bien plus rapidement avec un tranchant rasoir plutôt qu’avec une lame émoussée. D’ailleurs, les chasseurs à l’arc le savent bien, les blessures causées par les lames de chasse (rasoir) se referment très vite… croyez-en mon expérience !