glacon pierre pour whisky pas cher

Les caractéristiques de cette pierre lui permettent d’accumuler le froid et de le restituer dans les verres. Leader sur ce marché, la société aveyronnaise On the Rocks tente de convaincre les puristes de la boisson d’abandonner le petit cube d’eau.
En ces temps de grande chaleur, tous les moyens sont bons pour rafraîchir les boissons. Y compris mettre de la pierre dans ses verres. Plus précisément du granit. Les grands restaurants ou bars branchés plébiscitent de plus en plus ces glaçons de pierre qui permettent de rafraîchir les boissons avec un avantage indéniable sur leurs homologues en eau: ils sont immortels…
Ces glaçons – ou plutôt ces petits cubes de pierre – sont issus d’énormes blocs de granit de plusieurs tonnes. Une fois découpés, ces derniers sont taillés et polis selon une technique artisanale tenue secrète. A la fin du processus, des petits cubes de 21 grammes sont produits, assez lisses pour ne pas blesser le consommateur ou abîmer les verres. Placées quelques heures dans le congélateur, ces pierres vont, du fait des caractéristiques physiques du granit, emmagasiner le froid et le restituer lentement dans le verre.
«En 2006, j’ai développé une gamme de produit en pierre pour la maison. Le glaçon m’est apparu comme la continuité de ces créations», explique Vanessa Lacombe, gérante de On the Rocks, société aveyronnaise leader sur ce marché. «Mais nous n’avons rien inventé! les Viking utilisaient déjà des pierres taillées dans les glaciers pour rafraîchir leurs aliments», rappelle-t-elle.
Un cube «écolo»

En plus de ne pas fondre à vue d’œil, le glaçon en granit présente plusieurs avantages par rapport à son homologue en eau, «le plus important étant l’absence de dilution d’eau dans la boisson», explique la chef d’entreprise. «Sur ce point, nous sommes une solution pour les pays qui ont des problèmes avec la qualité de leur eau potable. Nous avons ainsi été sollicités par un hôtel au Cambodge», explique la chef d’entreprise. Autre atout: le cube est réutilisable à l’infini, d’où le label «écolo» qui lui est accolé.
Pour obtenir une boisson fraîche, il faut plonger 3 à 4 glaçons de granit dans une dose de 2 ou 4 cl.
En revanche, le glaçon de granit ne garantit pas le même degré de rafraîchissement qu’un cube d’eau glacé. Pour obtenir une boisson fraîche, il faut plonger 3 à 4 glaçons de granit dans une dose de 2 ou 4 cl. Et niveau prix, l’addition peut vite se corser. Chez On the Rocks, le sachet de 6 glaçons est vendu à 10,95 euros tandis qu’un sac de 1 kilo de glaçons à l’eau est proposé à 1,89 euro chez Picard… «Nous ne sommes pas du tout dans les mêmes usages, tranche Vanessa Lacombe. Le granit est surtout réservé aux boissons qui ne doivent pas être diluées comme le whisky ou les vins. Les amateurs d’alcool constituent d’ailleurs notre principale clientèle».
L’écart de prix se justifie également par le processus de fabrication, bien plus compliqué pour le granit que pour l’eau. Quand les usines à glaces peuvent produire 15 tonnes par jour de glaçons, On the Rocks ne fabrique que 10.000 glaçons par semaine.
L’écart est aussi conséquent en termes de vente: il s’est écoulé 700.000 pièces de glaçons en granit en trois ans contre…31 millions de sacs de glaçons à l’eau écoulés chaque année en France! Un gouffre que n’entend pas combler On the Rocks. «Nous ne sommes vraiment pas sur le même créneau. Nous faisons un produit artisanal, durable, réservé à des puristes», rappelle la directrice.
«C’est un vrai produit Made in France, avec des produits de qualité, dont nous assurons la traçabilité»
Vanessa Lacombe, directrice de On the Rocks
Cette dernière voit justement arriver d’un mauvais œil la concurrence asiatique à bas coût: «Ils font arriver par avion une pierre qui, déjà de mauvaise qualité, se détériore pendant le trajet», s’insurge-t-elle. Malgré le coût de production plus élevé, On the Rocks se vante d’utiliser des pierres de la côte bretonne ou du Sidobre, une région montagneuse située au sud du Massif central, connue pour son vaste territoire granitique. «C’est un vrai produit Made in France, avec une matière première de qualité, dont nous assurons la traçabilité», ajoute Vanessa Lacombe. Selon elle, les clients seront sensibles à ces arguments. «Ca ne peut que séduire car aujourd’hui, les gens cherchent la simplicité, l’authenticité et la cohérence du territoire», assure-t-elle.
Le glaçon à l’eau, grand gagnant de la canicule

La demande de glaçons grimpe en même temps que les températures. Plusieurs artisans font état d’une hausse de leurs ventes de l’ordre de 15 à 20% depuis le début de l’épisode caniculaire, comparé à un été classique. Picard, le spécialiste du surgelé, surfe également sur la vague: «en temps normal, nous vendons environ 30.000 sachets de glaçons par mois. Ce chiffre a été multiplié par 5 depuis le début de la canicule», confie au Figaro un porte-parole.