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La kippa, aussi appelée aux États-Unis yarmulke, est une petite calotte que les hommes Juifs pratiquants portent sur la tête. Le mot kippa, au pluriel kippot, vient de la racine «kaf» qui signifie «la paume», ou la cuillère, soit un élément incurvé. En yiddish (langue des Juifs d’Europe de l’Est), cela a donné kappe, couvre-chef, qu’on retrouve par exemple dans le mot d’origine allemande «képi».
• Pas d’obligation religieuse
Dans le monde antique, c’est le signe, moins ostentatoire, de la circoncision qui distingue les Juifs des Païens. Seuls les prêtres juifs se couvrent alors la tête. On ne trouve pas dans la Torah ni dans le Talmud de mentions de l’impératif de se couvrir la tête. «Pour les fils d’Aaron tu feras des tuniques, tu leur feras des ceintures, et tu leur feras des bonnets, pour marquer leur dignité et pour leur servir de parure.» lit-on simplement dans le livre de l’Exode (28: 40). Dans le Talmud, compilation de textes rabbiniques composant la Loi juive, on peut lire cette anecdote: «Rav Houna, fils de Rav Yehoshoua, ne marchait pas quatre coudées tête découverte, par égard envers la présence Divine». Cette phrase du Talmud
Au Moyen-Age, le chapeau juif ressemblait plutôt à ça.
servira de base à la jurisprudence de certains rabbins qui, au Moyen Âge, répandront l’usage d’un «chapeau» comme signe distinctif. Le Choulhan Aroukh, code de la Loi juive compilé par le rabbin Joseph Caro au XVIe siècle, légiféra «qu’il est interdit de marcher 4 coudées, soit deux mètres, la tête nue». C’est donc au Moyen Âge que le chapeau juif va se démocratiser, devenant un signe de piété distinctif des croyants. Porté au départ de façon volontaire, le chapeau juif fut imposé aux hommes juifs quelques années après le concile de Latran, qui exigeait en 1215 que les Juifs soient reconnaissables par leurs vêtements afin de pouvoir les distinguer des chrétiens. Dans le monde musulman, les dhimmis juifs devaient parfois se distinguer en portant un chapeau rouge.
• Un signe d’humilité
Plusieurs arguments sont invoqués pour justifier le port de la kippa. Le couvre-chef, autrefois l’apanage des prêtres seulement, serait devenu le signe de distinction d’une communauté éclatée au sein de la diaspora, qui a besoin de s’affirmer identitairement pour ne pas être diluée. D’autres avancent que la kippa se serait développée en opposition au christianisme, qui recommande à l’inverse de se découvrir en entrant dans une église.
Il existe une raison plus morale: en portant ce couvre-chef, le croyant arbore un signe d’humilité, montrant la présence de Dieu au-dessus de lui. «C’est une façon de signifier que Dieu est au-dessus de nous, le plus discrètement possible. Il n’y a pas d’ostentation dans la kippa, c’est le couvre-chef le plus petit et discret possible», explique le grand rabbin de France Haïm Korsia, qui porte sa kippa «tous les jours dans la rue» et s’indigne qu’on puisse songer à conseiller aux Juifs de la retirer en public.
Si seuls les Juifs les plus pratiquants la portent dans la rue, il est d’usage de la mettre en signe de respect lorsqu’on entre dans une synagogue. Néanmoins la «kippa» en tant que telle n’est pas importante, l’essentiel étant de se couvrir la tête. Ainsi, alors que Manuel Valls avait choisi d’en porter une à la synagogue de la Victoire à Paris, Bernard Cazeneuve lui, se contenta de garder le chapeau qu’il porte habituellement. Il y a quelques années, un scandale diplomatique avait eu lieu, lorsque le premier ministre grec Antonis Samaras avait refusé de porter la kippa à Yad Vashem, le musée en mémoire de la Shoah à Jérusalem.
• Différentes sortes de kippas
Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, la kippa est devenue un signe de ralliement et de reconnaissance. Il en existe différentes, qui renvoient chacune à un univers particulier. En Israël, les «ultras» de la colonisation portent des «kippas tricotées» («kippa Srouga»). À la fois modernes et colorées, elles sont le signe distinctif d’une communauté politisée mais par forcément orthodoxe religieusement.
Plus austère, le porteur d’une kippa en velours noir a de bonnes chances d’être un ultraorthodoxe, très religieux, mais pas forcément sioniste. La kippa en simple tissu, parfois attachée avec une barrette sera plutôt portée par les orthodoxes modernes. Quant aux Hassidim, les juifs ultraorthodoxes, ils peuvent porter eux une kippa blanche tricotée, plus large que la moyenne.


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