pelotonneuse laine

Je ne suis pas une « pro » du tricot, et j’ai appris comme bien des gens de nos jours : toute seule, à l’arrache, principalement sur Internet grâce à des tutos sous forme de vidéo. Du coup, j’ai bien repéré – et vécu – toutes les galères de débutant ^^

Alors je m’en vais vous faire profiter de ma modeste expérience en ce domaine, car les tutos vidéo c’est super bien, mais très insuffisant quand on a à peine touché une pelote de sa vie. En espérant que ça vous aide à bien débuter en tricot ! :)

Le matériel
Il vous faut – évidemment – une paire d’aiguilles à tricoter, et des pelotes de laine.

Les aiguilles à tricoter

Les aiguilles portent des numéros, oui comme les paires de chaussures ^^
Aiguilles de taille 2, taille 4,5, taille 18…
Plus le chiffre est petit, plus l’aiguille est fine (petit diamètre) ;
plus le chiffre est grand, plus l’aiguille est grosse (grand diamètre).

* Des aiguilles trop petites, c’est démotivant (qui dit petites aiguilles dit petit fil à tricoter, et plus c’est du petit fil, plus c’est long à tricoter – mais genre : loooooooong quoi, m’voyez) et on s’y flingue les yeux (on s’rend pô compte, mais le tricot et la couture sont des exercices intenses pour les yeux ; faut y aller mollo au début, comme dans toute reprise d’activité en règle générale d’ailleurs).

* Des aiguilles trop grosses, et t’as l’impression de manipuler des rames à bord d’une galère romaine.

Donc bon… Entre les deux, pour commencer c’est bien.

Quelle taille d’aiguilles pour commencer ?
Il faut des aiguilles ni trop petites, ni trop grosses : taille 5 à 7, selon vos préférences / la taille de vos mimines. Vous achèterez ensuite de la laine adaptée à cette taille d’aiguilles (j’y reviens plus bas).
Achetez aussi un crochet, taille 4 ou 5, car c’est bien pratique pour rattraper un maille perdue ou faire quelques finitions.

La longueur des aiguilles varie peu ; si on a besoin d’aiguilles très longues (pour tricoter un graaand machin) il existe des paires d’aiguilles à tricoter jusqu’à 60cm voire plus, mais il n’est pas toujours facile d’en trouver. La plupart font 40cm à 50cm de long, et c’est suffisant pour la plupart des projets de tricot.

Suggestion : quand on commence à tricoter, on peut se lasser vite, ou avoir envie de tester plusieurs choses en même temps ^^
Il vaut donc mieux acheter plusieurs paires d’aiguilles dès le départ, pour varier les plaisirs : une paire d’aiguilles petites mais pas trop (taille 4), une paire d’aiguilles de taille moyenne (taille 6 ou 7), une paire de grosses aiguilles (taille 9 ou 10).

Si vous êtes super motivé, genre le tricot est devenu une révélation – oué !, carrément ^^ – investissez aussi dans des aiguilles à torsades (ça ressemble à ça), car vous aurez tôt fait de faire le tour des points de base en tricot, et vous aurez envie de relever de nouveaux défis ! Or se faire couper dans son élan par manque de matériel, c’est très beaucoup plein frustrant… Siiii, je vous jure.

Le choix de la laine

Faites-vous plaisiiiir ! Optez une laine « fantaisie », aux couleurs multiples ou dégradées. Pourquoi ? Parce que c’est moins ennuyeux à tricoter ^^ Et l’ennui est le tue-l’amour de toute nouvelle activité, alors comme vous commencez le tricot, autant choisir une laine qui vous mettra en joie lorsque vous la travaillerez ;)

Alors bon… faites-vous plaisir, mais pas trop quand même ^^
Vous débutez, et il existe des laines très jolies mais incroyablement difficiles à tricoter, ou pas adaptées aux novices, qu’il vaut mieux éviter au début :
– les laines avec un fil trop fin (ça prend une éternité à tricoter, et vous risquez de vous décourager),
– les laines trop « poilues » (les fins et longs poils se coincent les uns dans les autres, du coup quand on n’a pas l’habitude ça peut vraiment « coincer » les mailles ; et autre inconvénient : avec l’effet « touffu » on ne voit pas bien les mailles qu’on tricote : on peut « en perdre » – et puis ça fatigue les yeux),
– les laines composées en grande majorité d’acrylique ou autres fibres synthétiques (c’est moins cher, mais tout le monde n’aime pas le « toucher » qui peut être un peu « grattant » ou désagréable).

Une laine idéale pour commencer le tricot et s’entrainer à divers points : le fil Rapido de chez Phildar.
Les couleurs sont unies, donc on est loin de mon introduction en mode « faites-vous plaisiiiir » avec des laines fantaisie, bon d’accord… Mais !, le seul fait de tricoter cette laine est un plaisir en soi : c’est un fil suffisamment large pour tricoter rapido (comme son nom l’indique, hein), la texture est vraiment très agréable (moelleuse et douce !), et le fil se tricote, détricote, re-tricote, re-dé-tricote sans problème – ce qui est parfait pour s’entrainer, ou rattraper ses erreurs de débutant, sans gâcher de fil.

Savoir lire l’étiquette d’une pelote / les informations sur la laine

Chaque discipline a son vocabulaire, son langage et ses codes : le tricot n’y échappe pas.
Et quand j’ai commencé le tricot, en parcourant les sites internet et les magasins je suis tombée sur un drôle de hiéroglyphe, un genre de symbole suspect que je retrouvais sur presque toutes les pelotes de laine :

Et puis les descriptifs de produit sur les sites parlaient d’ « échantillons »… mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? o_O
Persuadée d’avoir mis la baguette magique sur un terrible complot d’ordre probablement mondial, j’ai investigué en douce… Hé bien que nenni, point du tout, il ne s’agissait pas d’un terrible complot, mais : des « normes » utilisées lorsqu’on parle de pelotes de laine. Bon ^^
Quelles sont ces normes ?

La taille de fil
Chaque pelote de laine porte une sorte de bandeau en papier (souvent plastifié, beurk – et l’écologie, hein ?) sur lequel figurent plein d’indications, dont l’espèce de hiéroglyphe reproduit juste au-dessus.
Occupons-nous d’abord de cet étrange symbole.

Les fils, tout comme les aiguilles, ont différentes « tailles », ont des diamètres plus ou moins grands. Pour savoir quel fil tricoter avec quelles aiguilles, on se réfère AU NUMÉRO figurant au milieu du petit carré / du hiéroglyphe : dans l’exemple plus haut, c’est donc un fil / une pelote de laine qui se tricote avec des aiguilles de taille 7.

À noter : ce numéro est une indication, pas une obligation.
Vous pouvez tricoter un fil taille 7 avec des aiguilles taille 6 ou 8 par exemple, ça ira aussi.
Une astuce ! Quand on ne sait pas tricoter un point ajouré, on peut « tricher » (oh ! oui, mais c’est pour la bonne cause) : il suffit de tricoter de la laine fine (un fil taille 4 par exemple) avec de grosses aiguilles (taille 6 ou 7, voire 9) ; ça « aère » les mailles et donne un effet légèrement transparent (un exemple ici).

L’échantillon, le nombre de rangs et de mailles
Ce qu’on appelle « l’échantillon » en tricot, c’est un carré de 10cm de côté. C’est une sorte de « taille standard » à laquelle on fait référence pour évaluer le nombre de mailles et rangs dont on va avoir besoin avec ce fil, c’est-à-dire : évaluer la quantité de travail que ça représente à tricoter. Autant dire que c’est une information on ne peut plus utile, surtout quand on est feignasse débutant :D

Exemple, voici une étiquette :

Pour tricoter un « échantillon » (10cm de long par 10cm de haut, un carré de 10cm de côté quoi) avec ce fil, il faudra tricoter environ 16 rangs de 11 mailles.
Oui, et ensuite ? Go réviser les tables de multiplication ^^ Si votre projet de tricot mesure 40cm de haut et 60cm de large, vous multipliez d’autant :
il faut 16 rangs pour 10 cm => il vous faudra tricoter 64 rangs pour obtenir 40cm ;
il faut 11 mailles pour 10 cm => il vous faudra tricoter 66 mailles pour obtenir 60cm.

Mais là où on comprend (encore) mieux l’intérêt de regarder sur l’étiquette « l’échantillon » avant d’acheter une pelote de laine, c’est justement en comparant plusieurs pelotes. Z’allez voir / comprendre tout de suite de quoi j’cause…
Voici une autre étiquette :

Le fil est plus petit (se tricote avec une aiguille 3,5 et pas avec une aiguille 7 comme sur l’étiquette précédente), donc pour faire le même carré de 10cm de côté (« l’échantillon ») il faudra tricoter environ 35 rangs de 28 mailles, soit presque 4 fois plus de boulot (2 fois plus de mailles + 2 fois plus de rangs) qu’avec l’autre fil.

Du coup, quand on débute, mieux vaut choisir des fils dont « l’échantillon » ne dépasse pas 15 ou 20 mailles et rangs, sinon c’est assez long (trop long) à tricoter. (et celui qui a dit « Plus c’est long, plus c’est bon » ne parlait absolument pas de tricot)

La composition de la laine
Elle est indiquée sur le bandeau entourant la pelote, comme ici :

Et ici :

Et là :

Au passage, vous aurez remarqué que l’expression « pelote de laine » ou « laine » est souvent mal utilisée (y compris par moi, bon… ^^) dans le monde du tricot.
La laine, c’est communément une matière d’origine animale : la laine de mouton, de chèvre angora, de lapin angora, d’alpaga, de yak…
Voire d’origine végétale (bref : d’origine naturelle), comme la laine de chanvre ou la laine de lin utilisées dans le bâtiment.

Mais on utilise très souvent, et improprement, le mot « laine » pour dire tout simplement « fil qui se tricote » ; or il peut s’agir de fibres synthétiques : acrylique, polyamide, polyester…
Alors soyez attentifs à la composition de la « laine » que vous achetez, car ce n’est peut-être pas de la laine, ou pas si naturelle que vous l’auriez cru.

L’entretien
Gardez en tête que ce qui a été tricoté sera un jour lavé : ça parait évident, mais certains l’oublient lors de l’achat de leurs pelotes, surtout les débutants ^^
Comme sur les vêtements et linges divers, sur les étiquettes des pelotes figurent les indications de lavage – et c’est bien pratique, gardez-les quelque part pour savoir comment laver ce que vous aurez tricoté :

Derniers petits conseils

Préparez le terrain
Le chien est sorti, la gamelle du chat est remplie – et la litière est propre, les gosses sont au lit, et votre compagnon ou compagne sur le canapé est endormi(e) : youpiiiiiiii !, vous allez avoir la paix pour tricoter ^^
Tricoter ce n’est pas une opération à cœur ouvert, soit ; mais ça demande un minimum de calme, et surtout de NE PAS ÊTRE DÉRANGÉ(E) toutes les 4 minutes et demie :
* interrompre son tricot au beau milieu d’un rang, c’est risquer de perdre des mailles,
* et quand on est en train de compter nos mailles ou de s’essayer aux côtes (deux mailles endroit, deux mailles envers, deux mailles endroit, deux mailles env… – interruption – deux mailles env… heu non, endroit !, non, envers. non, endroit… merde je sais plus ^^), la moindre interruption peut signifier : la mort de votre rang. Ouiiiiii, carrément.
Alors quand vous tricotez, mettez-vous aux abonnés absents, et surtout : profitez-en ^^

Trouvez la bonne position
La bonne position pour tricoter, chacun a la sienne, et surtout chacun fait comme il peut. Mais quelques conseils tout de même :
Vous devez, autant que possible
* être assis confortablement => vous allez rester un long moment dans la même position, ménagez votre dos – et votre postérieur, entre autres ^^
* être bien libre de vos mouvements au niveau des bras => buter contre « un obstacle » dès qu’on lève le coude (mais non pas pour boire, pour tricoter. Quoi que l’un n’empêche pas l’autre, notez) c’est rudement agaçant – vraiment
* avoir un dossier, des coussins ou des accoudoirs
=> sur lesquels vos aiguilles pourront prendre appui (car parfois on doit lâcher une aiguille pour bidouiller le fil, ou changer de rang, et il faut pouvoir caler l’aiguille en appui quelque part),
=> et sur lesquels vous pourrez vous aussi prendre appui ^^ pour notamment reposer un peu vos bras en y installant vos coudes (tricoter « à bout de bras », sans aucun appui, c’est très fatiguant et ça tire sur les muscles du cou, du dos et des épaules, ça peut même devenir douloureux).

Ne vous flinguez pas les yeux
Tricoter demande une bonne acuité visuelle, même si pas mal d’aveugles – ou de pros du tricot ^^ tricotent uniquement grâce au sens du toucher.
Et tricoter (tout comme coudre) sollicite énormément les yeux, ce qui les « fatigue ». Prévoyez donc de tricoter avec un éclairage suffisant, et avec vos lunettes de vue / vos lentilles si on vous en a prescrit, sinon vous allez vous flinguer les n’œils. Et ce serait dommage, vous n’en avez que deux (qui ne sont ni repris, ni échangés – je vous le rappelle en toute amitié – oui suis gentille <3).

Lavez-vous les mains
Je ne suis pas une adepte de l’alarmisme niveau hygiène : je ne suis pas du genre à me laver les mains 47 fois par jour en hiver pour éviter la grippe. Néanmoins, quand on tricote, une bonne hygiène des mains est indispensable, car on a toujours les mains plus sales qu’on ne le croit ^^
Et des mains même « juste un tout petit peu sales », c’est ennuyeux en tricot parce que :
– les odeurs imprègnent durablement la laine (évitez de couper un oignon et de tricoter dans la foulée),
– des résidus de tâches (exemple : tâche de feutre sur vos doigts après avoir aidé le petit dernier à faire un massacre un dessin) peuvent se transférer sur votre fil,
– le combo mains sales + sueur (hé oui, les mains « transpirent » toujours un peu, y compris voire surtout quand on tricote) risque de rendre votre ouvrage moite, un peu poisseux, ou d’y déposer un voile terne (grisaille).

Ainsi donc, juste avant de tricoter, pensez à vous laver les mains – même si vous croyez qu’elles sont déjà propres.

Nettoyez les aiguilles de temps en temps
La peau « respire », et produit en permanence des substances pour la protéger. À force de manipuler les aiguilles, on y dépose un peu de sébum, un peu de transpiration… rien de bien grave donc, sauf qu’au bout d’un moment ça s’accumule – le fil va « coincer » sur les aiguilles, il glissera moins bien dessus. Et sans être aussi grave qu’une guerre civile, c’est tout de même emmerdant ennuyeux : le fil coince, on se débat avec les mailles (et elles gagnent souvent en plus…), bref c’est la galère. Pas romaine, mais tout de même.
À ce moment fatidique, il n’est plus temps de reculeeeeer ! Affrontez l’ennemi : nettoyez les aiguilles avec un linge imbibé d’eau savonneuse, et pensez à rincer. Puis félicitez-vous copieusement pour avoir remporté cette bataille – les tricoteurs, un crew de winners :D

♪ Et maintenant, que vais-jeuuu faiiiireuuuu ? ♪♪

Vous voilà armé : vous savez comment bien débuter le tricot, et vous avez plein de super tutos pour vous lancer. Y’a plus qu’à !
Mais justement : y’a plus qu’à quoi ? Que tricoter ? Et maintenant, qu’allez-vous faire ?
Le plus simple en tricot, c’est évidemment de tricoter : des carrés ou des rectangles ^^ En fonction de leur taille, ça fait des écharpes (normales, ou « fermées » type snoods), des couvertures, des mitaines…

Commencez par un projet simple et assez rapide à faire : une écharpe, un petit tour de cou…

Et bon tricot ! :)