raboteuse degauchisseuse

Cette machine va vous permettre de rendre les quatre faces de votre pièce parfaitement parallèles et d’équerres, et d’usiner vos bois aux dimensions exactes voulues. Le principe ? Un arbre muni de fers affûtés est entraîné par un moteur et taille vos bois suivant vos souhaits : dans un premier temps, on dégauchie, ensuite on rabote. Fini les créations tordues !

Comme « achat d’outillage » ne rime jamais avec « simplicité », vous vous doutez bien qu’il va falloir que vous fassiez un choix parmi les différents modèles existant. Menuisier amateur ou charpentier professionnel, tâchons d’éclaircir les données qu’il vous faut connaître !

En quoi la puissance de la machine influe sur les caractéristiques ?

C’est tout simple : plus le moteur est puissant mieux c’est ! Les dégauchisseuses-raboteuses sont équipées de plusieurs types de moteur :

universel (à charbons) ;
asynchrone (moins bruyant) ;
monophasé ou triphasé.
La puissance détermine la capacité de la machine à entraîner l’arbre et les fers via la vitesse de rotation de l’arbre –exprimée en rotation par minute (rpm). Ainsi, plus l’arbre tourne vite, meilleures sont les performances de la machine.

Les fers vont ainsi enlever plus ou moins de matière avec facilité dans le bois : c’est la profondeur de passe.

De 1200 à 1600 W : les machines permettent des passes de profondeur autour de 2 mm en dégauchissage et 3 mm en rabotage suivant les modèles. Convient pour des petits travaux de menuiserie mais difficile d’envisager de calibrer des bois durs type chêne.
De 1600 à 2200 W : les dégauchisseuses-raboteuses s’orientent vers des usages quotidiens. Les profondeurs de passes augmentent légèrement, et à vous la possibilité -avec mesure- de travailler du chêne et du châtaignier !
Plus de 2200 W : les profondeurs de passes peuvent aller jusqu’à 5 mm de coupe ce qui veut dire que l’on perd moins de temps à faire plusieurs passes. Polyvalence et toute puissance assurée !
La puissance détermine également la vitesse -exprimée en mètres par minute- à laquelle la machine peut tailler le bois lors du rabotage par le biais des entraineurs : des rouleaux crantés conçus pour accrocher la pièce de bois à l’entrée et en caoutchouc à la sortie -le top pour ne pas marquer le bois. Les vitesses vont d’un à douze mètres par minutes, on appelle ça l’avancement.

Astuce : Si la machine permet un choix de vitesse, passez vos bois durs ou de finition en vitesse lente pour un meilleur rendu.

Et la table dans tout ça ?

Concernant les tables : plus c’est long, mieux c’est ! En effet, leur longueur conditionne leur capacité à passer de grandes pièces de bois tout en garantissant stabilité et facilité d’exécution. Une pièce non stable ou en porte à faux est mal dégauchie et/ ou rabotée et vous y retrouver des marques, appelées des crans, qui sont peu esthétiques.

Les longueurs vont de 700 mm à plus de 3000 mm… attention à la place !

Leur largeur varie de 200 à 600 mm :

de 200 à 250 mm, les petites tâches d’ébénisterie et de menuiserie sont à votre portée mais les usages sont vites limités ;
de 250 à 400 mm, vous trouvez une certaine polyvalence, l’essentiel du travail du bois vous est possible, y compris de la petite charpente ;
plus de 400 mm, vous entrez dans le monde professionnel et n’importe quel travail de dégauchissage-rabotage est envisageable.
La longueur et la largeur déterminées, reste à choisir la matière de la table et là, c’est plutôt simple, vous n’avez que deux choix :

en fonte d’aluminium, plus légère mais attention aux clous qui restent dans le bois, elle souffre car elle est plus fragile !
en fonte d’acier, plus costaude, elle atténue les vibrations et permet une machine plus stable.
Que la table soit en fonte ou en acier, les deux sont parfaitement rectifiées et peuvent être munies de lèvres anti-bruit : un dispositif diminuant le bruit produit lors du dégauchissage. Très utile !

Pour finir, les tables sont toutes équipées d’un guide, en aluminium généralement. Perpendiculaire à la table, il permet de dégauchir les chants. Suivant les modèles, il peut être inclinable à 45° -pour faire des chanfreins- voire au degré souhaité : de 90° à 135°.

En position rabotage cette-fois, deux éléments sont à connaître :

la hauteur et largeur maximales de la pièce que la machine peut accepter ;
la table de rabotage est montée sur des fûts qui la soutiennent et permettent son réglage. Leur nombre varie de 2 à 4 et plus il y en a, plus la table peut supporter une charge élevée.
Qu’en est-il de l’ergonomie et de la facilité de travail ?

Les machines offrent trois dispositifs pour passer du mode dégauchisseuse au mode raboteuse.

Ouverture papillon : la table se sépare en deux pour laisser place à la raboteuse. Dans certains cas, il faut prévoir d’enlever le guide pour procéder. Attention à bien le régler par la suite !
Ouverture par relevage : plus rapide, il suffit simplement de relever la table de dégauchissage fixée sur des charnières, le guide ne bouge pas. De plus, l’encombrement devient moindre !
Aucune ouverture : pas besoin de toucher à la table de dégauchisseuse, on passe directement au rabotage… pratique !
A savoir : quel que soit le dispositif, on dispose d’un capot d’aspiration sur le dessus en position rabotage !

Le second point concernant la facilité de travail porte sur les réglages de la table de rabotage. En fonction des modèles, il se fait soit par le biais d’un :

volant que l’on tourne manuellement ;
tableau de commande électrique.
Dans les deux cas, vérifiez qu’un réglage au 1/10ème de mm vous est possible si vous voulez des travaux de qualité.

Enfin, les modèles les plus hauts de gamme proposent souvent un sélecteur de vitesse (lente ou rapide) pour la vitesse de rabotage suivant les travaux à réaliser -débit ou finition.

Des fers, pour quoi faire ?

Pas de belle pièce de bois sans des fers -appelés aussi couteaux- de qualité et bien réglés. Fixés sur l’arbre de la machine, les fers conditionnent le niveau de finition de la pièce : non entretenus ils vont faire des éclats et des marques sur le bois.

Avant de les choisir, plusieurs choses à savoir : leur taille (hauteur, largeur et épaisseur), leur nombre sur l’arbre, la qualité de l’acier et enfin leur type. Sachez que deux qualités d’acier existent :

standard, qualité comparable à l’acier HSS, convient pour tous les travaux, y compris dans les bois durs ;
trimétal, en acier de cobalt, garantissant une meilleure tenue de coupe.
On retient trois types de fer :

les fers dits traditionnels, à fixer mécaniquement sur l’arbre. Ils provoquent peu de vibrations, mais doivent être réglés avec précision et réaffûtés avec soin. Prévoyez en toujours une paire de secours en cas de problème ;
les fers jetables à positionnement centrifuge, pas d’affûtage nécessaire, il suffit de les changer au moindre signe d’usure. Le réglage se fait automatiquement mais il faut un arbre spécial pour les installer ;
les fers jetables à positionnement magnétique, compatibles avec les arbres classiques, ils combinent la précision d’un réglage mécanique et la praticité des fers jetables.
Conseils malin : vérifiez que l’arbre de la dégauchisseuse-raboteuse qui vous intéresse est de diamètre standard pour accepter des fers vendus chez des fabricants réputés. Cela vous évite bien des désagréments ! Enfin, à long terme et contre toute attente, le coût des fers jetables peut-être intéressant car ils sont souvent réversibles !

Sécurité, comment je protège mes doigts ?

Attention aux mains ! Il faut que votre dégauchisseuse-raboteuse soit équipée d’un capot protecteur facile à régler et efficace. Celui-ci va empêcher vos doigts de se retrouver en contact avec les fers en cas de mauvaise manipulation durant le dégauchissage. Les plus efficaces sont les protecteurs « à pont ».

Un bouton d’arrêt d’urgence type « coup de poing » est également important : facilement accessible lors d’un problème, il stoppe tout. De plus, il empêche la machine de redémarrer tant qu’il n’est pas réamorcé.

Quels accessoires en complément ?

Comme tout outil, votre dégauchisseuse raboteuse peut se conjuguer avec des accessoires vous facilitant son utilisation :

l’aspirateur à copeaux estindispensable pour qui ne veut pas passer son temps à nettoyer. Pensez à vérifier sa compatibilité suivant le diamètre de sortie d’aspiration ! Certains modèles de dégauchisseuses l’ont même d’intégré. Attention à différencier l’aspirateur du collecteur à copeaux, moins efficace !
un kit de déplacement est utile pour qui n’a pas un atelier XXL et souhaite pouvoir ranger sa machine !
un entraineur qui se charge de passer vos pièces à dégauchir tout seul. Efficace lors de longues séries !
des positionneurs magnétiques de fers permettent un réglage parfait des fers. Attention à choisir un modèle adapté au diamètre de votre arbre.
un poussoir sert à éloigner vos mains des fers lors de travaux sur de petites sections.
des rallonges de table et de guide à rajouter en mode dégauchisseuse et raboteuse sont pratiques mais disponibles sur certains modèles seulement.
Un dernier conseil ?

Nettoyez régulièrement la machine des copeaux de bois (machine éteinte évidemment) et prenez soin de sa table.

Travaillez toujours à une hauteur à laquelle vous êtes à l’aise et utilisez un piètement s’il le faut. Enfin, n’hésitez pas à mettre un casque anti-bruit !

Maintenant que vous connaissez tout des dégauchisseuses-raboteuses, à vous de choisir suivant vos besoins, et bon travail à vous !