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Démarrer en canicross, cela suppose une certaine maîtrise, à laquelle s’ajoute un soupçon de courage.

Il faut en effet disposer d’une double compétence : celle de savoir maîtriser sa course d’une part, et celle de savoir doser l’allure tout en gérant la motivation de son chien d’autre part, dans des conditions de compétition parfois particulièrement agitées.

C’est en pensant à tous les maîtres de chiens qui auraient envie de s’essayer au canicross que nous avons voulu rassembler plusieurs bons conseils de spécialistes locaux de la discipline, afin de vous donner les clés pour bien appréhender votre première participation à une compétition régionale.

N’importe qui peut-il prétendre participer à une compétition de canicross ? Que faut-il savoir et quelles sont les étapes indispensables de la préparation ? Voici toutes les informations utiles pour vous aider à aborder sereinement la première fois de votre binôme sur une épreuve de canicross.

Epreuve enfant sur le canicross de la Colline de Westhoffen (67).

Le canicross : définition

Le canicross peut se définir selon trois aspects : c’est une activité physique et ludique que l’on partage avec son chien, de même qu’un sport nature par excellence, qui se conçoit également comme une discipline de vitesse. « le but étant pour l’animal de participer activement en aidant son maître à parcourir une distance définie », indique l’association Extrem Dog Alsace sur son site internet.

Déclinable en une multitude de combinaisons, la discipline regroupe les activités de canicross, caniVTT, cani-marche, ski-joëring, canitrottinette pour la Fédération des sports et loisirs canins FSLC, en mode mono chien, ainsi que des épreuves pouvant intégrer des attelages : traîneaux, ski/VTT-joëring, ski-pulka, cani-marche et toutes les disciplines dérivées pour la FFST : Fédération Française des Sports de Traîneau, de ski/vtt joëring et de canicross.

Chaque année, une dizaine de manifestations sont proposées en Alsace, selon les fédérations, auxquelles s’ajoutent quelques dates hors Alsace mais qui comptent pour le Trophée des Vosges canicross, ce qui amène à une quinzaine d’épreuves jouables en local. Les principaux organisateurs sont : Spiridon club Alsace, Empreinte67, Extrem Dog Alsace, Nanoo et le club canin d’Erstein.

Jacques Adam, président du Spiridon club Alsace qui organise le Trophée des Vosges canicross, précise que « les distances habituelles d’un canicross sont comprises entre 6 et 8km (sauf le canicross d’Ungersheim, long de 12km). » Sur ces formats, « en Alsace, les manifestations accueillent jusqu’à 100 binômes. » Jusque-là, rien de particulièrement hors de portée.

Anne et Urawa, sur la Grimpette du Frenz, course contre-la-montre sur 6,670km et 485m de dénivelée positive.

Un sport fait pour qui ?

Populaire dans son principe, « le canicross s’adresse à tous et pour toutes les races (sauf la Catégorie 1) », précise la FSLC. « Le chien doit avoir 12 mois pour commencer la compétition. »

Extrem Dog Alsace précise qu’il s’agit d’une discipline « ouverte à tous, du plus jeune (cani-baby) au plus âgé », qui se pratique dans un cadre « sport, loisir ou détente, voire comme simple discipline d’entretien physique ». Les objectifs sont donc aussi variés que les profils de participants, et tous les niveaux sont admis sur le terrain.

Aucune discrimination non plus avec les toutous, puisque « toutes les races de chiens sont acceptées, même les Yorkshire », souligne Jacques Adam. De plus, « quand on veut faire du canicross, on n’a pas besoin d’être un très bon coureur, il faut simplement adapter la taille de son chien à ses propres capacités. » Un chien petit pour des petites foulées, un chien plus grand pour davantage de vitesse. La discipline s’adresse aux plus jeunes également, sur des circuits adaptés.

Bien entendu, « il faut une parfaite entente avec son chien, car c’est une course à deux : il doit y avoir avec une communication dans l’effort pour que cela puisse fonctionner », affirme Jacques Adam. Pour ceux qui cherchent la performance, certaines races sont particulièrement adaptées au canicross : bien sûr le Husky, mais aussi le braque, le Pointer et des races spécifiques issues de croisements comme le Greyster, Alaskan ou autre Européan Sled Dog.

Cependant, quelle que soit la taille du chien, il ne faut pas s’attendre à ce que ce soit facile : « il faut être un sportif avec un minimum de condition physique », précise Jacques Adam. Le risque, sinon, c’est que « le coureur n’arrive pas à suivre derrière son chien : il peut alors facilement se blesser ». Tout réside dans la gestion de son rythme et dans la maîtrise de l’allure du chien.

Pour les athlètes entraînés, les avantages du canicross sont de taille : « L’athlète éprouve des sensations formidables : il peut gagner jusqu’à deux et quatre kilomètres à l’heure », indique la FSLC. « Seule une complicité avec son partenaire canin permet de tels résultats. » C’est justement « cette complicité avec le chien qui est incomparable », confirme Pierre Loos, athlète de haut niveau qui concourt au niveau fédéral avec Buz.

Parfois c’est le maître qui n’avance pas assez vite, mais il peut aussi s’avérer que le toutou ne soit pas du tout motivé… Ici sur les Foulées d’Ungerhseim.

Equipement et mesures à prendre pour le bien-être du chien

Afin de respecter le confort prioritaire du chien sur ce type d’épreuves, « un équipement spécialisé s’impose pour accompagner les performances des athlètes (harnais, baudrier, ceinture, ligne de trait). Les chaussures à pointes sont strictement interdites pour éviter de blesser nos compagnons canins », rappelle également la FSLC.

« La règle principale lors de la course est que le chien soit attaché et qu’il coure toujours devant », précise Jacques Adam. « En dehors de cet aspect technique, l’animal doit être identifié et il sera contrôlé par un vétérinaire avant la course ». Pour l’équipement, il convient à chaque coureur de bien se renseigner en lisant le réglement des courses. Un harnais est obligatoire, ainsi qu’une longe élastique attachée au maître.

« Tout doit être pensé pour le bien-être du chien, les à-coups éventuels doivent pouvoir être gérés sans être subits de façon violente par l’animal. » Globalement, il « faut rester attentif aux besoins du chien, qui ne sont pas les mêmes que ceux des maîtres », précise aussi l’association Empreinte 67.

Sont notamment à prendre en considération, pour les novices : l’hydratation du chien. « Elle est capitale », insiste Jacques. « Les chiens ne peuvent pas transpirer, il leur est nécessaire de se mouiller les pattes et la gueule régulièrement. » C’est d’autant plus important par des températures qui dépassent les 15° : « Sur les parcours de compétitions, nous aménageons alors les itinéraires en faisant passer tout le monde dans des ruisseaux, en déposant des bassines à intervalles réguliers… », précise Jacques. Les maîtres consciencieux peuvent emporter avec eux des bidons pour veiller au confort hydrique du toutou.

L’alimentation du chien est elle aussi primoridale : « s’il mange juste avant, il risque un retournement d’estomac ! » rappelle Jacques. « Il lui faut du repos après avoir mangé, et respecter au moins trois heures avant la course. »

Quant au parcours, il doit prendre en compte les risques de blessure. Pour préserver les coussinets, « nous veillons à définir des sentiers qui ne blessent pas les pattes des chiens : pas de macadam ni de chemins avec ballast ». Une règle à mettre en pratique dès l’entraînement.

Canicross du Bannstein

Un attelage trottinette très motivé sur la première édition du canicross du Bannstein (68).

S’entraîner et performer ?

Afin d’assurer un respect mutuel et une bonne compréhension des gestes de chacun, l’entraînement au canicross ne peut se concevoir qu’à deux. C’est cependant un minimum, car « il est préférable de s’entraîner en groupe », suggère Jacques Adam. Sur les compétitions en effet, « on peut se retrouver face à des binômes dont le chien a toujours couru seul avec son maître, et qui réagira de façon agressive car confronté à son premier départ avec d’autres chiens. »

Pour aider les canicrosseurs à bien s’entraîner et à habituer les toutous à la compagnie d’autres chiens coureurs, le Spiridon club d’Alsace propose des sorties en groupe tous les jeudis soirs. « Il suffit de me contacter, et je fais suivre toutes les informations pratiques », précise Jacques. Un soutien utile dans l’apprentissage des bonnes pratiques, comme celle d’habituer le chien à des parcours différents « pour ne pas mécaniser son comportement et le faire réagir aux ordres donnés. » D’autres structures telles qu’Extrem Dog Alsace dans le sud Alsace ou Empreinte 67 à Obernai (67) proposent également des entraînements réguliers.

La finalité de l’exercice n’est pas forcément de devenir champion, mais pour ceux et celles qui l’ambitionneraient, il faut retenir que « le dressage est très important, surtout lors de descentes très sévères », mentionne Pierre Loos. « Il faut réaliser un gros travail pour tenter d’être en symbiose, l’idéal étant que maître et chien soient dans la même foulée. » Or cette synchronisation prend du temps, ce qui tend à rendre le binôme indissoluble : « une fois cet entraînement-là achevé, on ne change pas de chien », affirme Pierre, « car chacun doit rester concentré sur l’autre. » C’est d’autant plus vrai dans la discipline que le champion apprécie, le cani-VTT : « ce sont des épreuves pour lesquelles il faut savoir très bien piloter, car les virages sont très serrés, il faut savoir gérer sa vitesse et celle du chien, que ce soit pour éviter la chute ou pour doser l’effort. »

Mais humain ou animal n’étant pas infaillibles, il reste toujours un impondérable : « Le jour J, la forme de chacun est très importante : chien et maître peuvent être fatigués, ou ne pas se sentir bien ». Or, pour avoir une chance de se placer, « tous deux doivent se trouver dans un bon jour. »

Ainsi, le conseil qui s’applique partout ailleurs trouve ici encore toute sa place : restez maître de votre binôme en faisant avec les conditions du jour ; prenez le moment comme il vient, et si tout ne se joue pas comme vous l’espériez, retentez votre chance. Aucun champion, aussi grand soit-il, ne s’est construit sans patienc, entraînement et détermination. En attendant, profitez bien de vos dog-runs !