voyage de noce vanuatu

Le sommeil est un peu agité, dans une cabane à la limite de la jungle et avec des ouvertures partout la nuit y a du passage… Avant de nous coucher Maurice nous avait prévenus que si l’on entendait du bruit fallait pas s’inquièter, qu’il y avait un gars du coin qui faisait quelques rondes de surveillance la nuit. Mais bon là ça cavale de partout sur le sol, autour du lit et dans la douche ! Je me lève (avec la lampe torche puisqu’il n’y a pas l’électricité) plusieurs fois sans rien démasquer à part remarquer quelques coups de dents, ou de pinces, dans la boîte de savon. On n’est pas non plus habitués à une telle chaleur pour dormir, la température descend à peine en-dessous de 30 degrés même en pleine nuit. Et comme en plus le taux d’humidité est très élevé, on transpire vraiment en permanence.

En nous servant le petit-déjeuner, Gillian explique que ce sont des souris et des crabes de terre qui investissent les bungalows la nuit. On se prépare ensuite pour la montée au volcan, c’est-à-dire qu’on met les chaussures de rando et qu’on écoute les recommandations d’Yves et de sa femme, les amis de Maurice et Gillian qui sont passionnés par les volcans, et après pas mal d’expéditions à travers le monde (notamment avec le volcanologue Guy de Saint-Cyr dont on regarde les émissions super intéressantes à la télévision) en connaissent bien les dangers, en particulier ceux du Yasur. Toujours regarder en l’air pour apprécier la trajectoire des projections de lave, ne pas courir pour éviter de se blesser dans les blocs de pierre volcanique très tranchants, bref ils nous font comprendre que c’est un peu plus risqué que d’aller à Disneyland…

On part donc avec Maurice qui nous emmène dans son 4×4, d’abord chercher chez elle Marianne une habitante du coin qui doit nous guider puis pour nous déposer au pied du volcan où il faut payer un droit d’entrée à un indigène pas très aimable. On fixe un rendez-vous dans quelques heures avec Maurice qui repart, et puis on attaque avec la guide la montée à travers la forêt.

[Photo] Montée au Yasur [Photo] Montée au Yasur

Il faut compter une heure de marche, avec des passages assez raides qui cassent les jambes sans compter la chaleur moite qui rend l’effort assez pénible. Pour couronner le tout des vapeurs de souffre s’échappent de petites cheminées au bord du chemin et piquent la gorge et les yeux… Et au fur et à mesure qu’on avance, les explosions et les grondements du volcan se font de plus en plus forts, de temps en temps on se regarde derrière la guide, pas très rassurés !

[Photo] Montée au Yasur [Photo] Montée au Yasur [Photo] Montée au Yasur

Lapinette crache ses boyaux et doit s’arrêter tous les dix mètres pour récupérer, elle manque même plusieurs fois de tomber dans les pommes. Marianne elle est surentrainée et grimpe à un train soutenu, mais elle est compréhensive et nous laisse faire des pauses répétées pour respirer un peu et pendant lesquelles elle nous raconte dans un anglais très compréhensible des histoires à propos du Yasur, les croyances locales ou les accidents qui ont pu arriver…

De temps en temps il tombe une pluie de cendres lorsqu’un nuage poussé par le vent décharge sa cargaison au-dessus de nous, heureusement elles sont déjà refroidies !

[Photo] Montée au Yasur [Photo] Montée au Yasur [Photo] Montée au Yasur

Dans la dernière partie de la montée vers le cratère du volcan la guide nous avertit qu’ils faut commencer à faire gaffe et qu’à chaque explosion (y en a une toutes les deux minutes à peu près) il faut scruter le ciel pour voir d’éventuelles retombées de lave qui viendraient vers nous. Le stress commence à monter sérieusement…

On débouche enfin sur le bord du cratère, au milieu d’un paysage lunaire de cendres et de roches noires. Problème, on est juste à la limite du plafond nuageux et on ne distingue pas tout le cratère, donc on ne sait pas trop où ça pète… Marianne observe un peu comment ça se passe en nous demandant de rester à bonne distance, honnêtement pour l’instant on ne demande pas mieux !

[Photo] Au bord du cratère [Photo] Au bord du cratère [Photo] Au bord du cratère [Photo] Au bord du cratère

On finit par approcher pour voir le spectacle, c’est vraiment impressionnant… Bien plus que ce qu’on imaginait en fait, Lapinette est pas tranquille et me concernant il serait superflu de penser autre chose. On ne voit pas directement l’évent par lequel la lave est éjectée, mais on ressent les vibrations dans le sol puis on entend l’explosion en même qu’on est frappés par l’onde de choc, avant de voir le nuage de gaz et de cendres et les fragments de lave surgir au-dessus du cratère et retomber ensuite un peu partout. La lave paraît noire, mais ce sont bien des roches en fusion qui sont crachées par le volcan, et qui se solidifient lors de leur vol plané avant de toucher le sol en faisant un bruit sourd.

Certains morceaux sont vraiment balaises et sans doute lourds de plusieurs centaines de kilos, d’ailleurs de gros blocs de roche de plus d’un mètre de long posés autour de nous attestent des capacités de projection du volcan, qui est d’ailleurs catalogué comme ayant un potentiel explosif dévastateur et pouvant détruire entièrement l’île de Tanna. Mais de toutes façons les petites pierres sont aussi dangereuses puisque retombant à une température de plusieurs centaines de degrés (la lave elle est éjectée de la bouche du volcan à plus de 1000 degrés), tout impact désintègrerait instantanément la partie du corps qui serait touchée. De notre poste on voit les pavés retomber à une distance raisonnable, environ une centaine de mètres. Mais à voir notre guide scruter inquiètement en l’air après chaque bruit d’explosion on comprend qu’on n’est pas à proprement parler en sécurité…

Et pourtant elle nous dit qu’en ce moment il est plutôt calme, ce que nous avait déjà confié Maurice au relais. C’est pas pour rien que le Yasur est connu pour être un des volcans les plus spectaculaires du monde, qu’est-ce-que ça doit être en période de forte activité !

[Photo] Au bord du cratère [Photo] Au bord du cratère [Photo] Au bord du cratère [Photo] Au bord du cratère

[Photo] Au bord du cratère [Photo] Au bord du cratère [Photo] Au bord du cratère

On reste une longue demie-heure au bord du cratère, avec une bonne décharge d’adrénaline à chaque explosion ! Certaines sont plus grosses que les autres et avant d’entendre le son on voit nettement l’onde de choc se propager à travers les nuages dans le cratère du volcan. Et puis ensuite c’est la fontaine de roches en fusion dont on essaie de déterminer la trajectoire avec anxièté…

De temps en temps on est pris dans un nuage de souffre qui rend l’air irrespirable, avec parfois une pluie drue de cendres qui oblige également à se protéger les yeux. Le problème c’est qu’on est sous le vent par rapport au cratère et qu’on en reçoit toutes les émissions de gaz ou de cendres, sans compter que le vent dévie dans notre direction les projections de lave, mais on est contraints de rester à cet endroit car le reste du cratère est dans les nuages et marcher dans cette direction serait trop risqué sans pouvoir distinguer où retombent les pierres…

[Photo] Au bord du cratère [Photo] Au bord du cratère

A un moment on finit par être entièrement pris dans les nuages, et on y voit plus grand chose. Alors quand une explosion encore plus forte que les précédentes résonne dans le cratère et qu’on ne sait absolument pas dans quelle direction la lave est projetée et où elle va retomber, je me sens pas du tout à l’aise surtout qu’à l’oreille les impacts des pierres sur le sol s’entendent distinctement et indiquent que ça passe pas si loin. Marianne la guide a conscience du danger et entame sans tarder la descente en nous faisant signe de la suivre, ce qu’on s’empresse de faire avant la prochaine explosion !

[Photo] Descente du Yasur [Photo] Descente du Yasur [Photo] Descente du Yasur

Sur la pente extérieure du volcan et un peu en-dessous du cratère, on peut voir une boîte aux lettres à l’emplacement surréaliste… A côté une pancarte explique que l’on peut y glisser des cartes postales spéciales certifiées « fireproof ». Le Lonely Planet du Vanuatu mentionnait la présence de cette boîte sur le Yasur, on avait donc acheté une de ces cartes spéciales à la poste de Port Vila en vue de l’y envoyer d’ici, mais Gillian nous a prévenus au petit-déjeuner que la boîte n’était plus relevée depuis plusieurs années donc on se contente de la prendre en photo sans s’en servir… De toutes façons vu son état il faudrait être assez optimiste pour penser qu’une carte postée ici puisse arriver en France !

[Photo] Descente du Yasur

La descente du volcan est nettement plus rapide que sa montée, on arrive au point de rendez-vous convenu avec Maurice une heure trop tôt. Donc, avec la guide, on décide d’avancer à sa rencontre sur la piste qui mène au relais. On croise le long du chemin des indigènes qui se promène tous avec une machette accrochée à la taille, des petits gamins aux grand-mères, et comme tous n’ont pas à proprement parler un franc sourire en nous croisant par moment ça fait bizarre. Ils échangent quelques mots avec Marianne dans leur dialecte, sans doute pour demander qui nous sommes. D’autres sont beaucoup plus accueillants et nous font des grands signes amicaux en criant « hello » !

Après quand même 7 kilomètres et une bonne heure de marche dans une chaleur humide éprouvante, on finit par retrouver Maurice qui nous ramène en 4×4 à la baie des Tortues et au bungalow. On va piquer une tête dans le lagon juste devant pour se rafraîchir, très calme puisque les vagues se cassent sur le récif, mais l’eau y est à plus de 30 degrés ! Pas trop de poissons mais une forêt de corail, et par endroits des courants encore plus chauds qui doivent provenir de sources volcaniques au fond du lagon…

[Photo] La baie des Tortues [Photo] Lapinette dans le lagon de la baie des Tortues [Photo] La baie des Tortues

Pour le repas du midi Gillian nous prépare un pique-nique qu’on va dévorer sur la plage après l’activité sportive de la matinée. Ensuite on repart du relais pour marcher vers la baie de Port Resolution un peu plus loin sur la côte, après avoir demandé le chemin à Maurice d’une part pour éviter de se paumer dans la jungle et d’autre part pour qu’il sache où nous chercher si ça venait à arriver. C’est lui-même qui nous a demandé de l’informer de tous nos déplacements, donc il faut croire que par le passé quelques touristes ont dû s’égarer dans le secteur…

Effectivement on tatonne un peu avant de trouver le sentier caché par les herbes hautes (dans lesquelles on hésite un peu à s’engager avec nos sandales, sans trop connaître la faune locale) et qui zigzague à travers la jungle, en longeant de temps en temps des petites parcelles défrichées et cultivées par les locaux. On finit par arriver au milieu de cases, devant lesquelles les indigènes font la sieste ou bricolent des objets en bois. Tout le monde nous dit bonjour avec un grand sourire, on continue car Port Resolution est en fait un peu plus loin.

On croise le chef de la tribu qui se présente et nous serre la main très officiellement, on sait pas trop s’il attend quelque chose en retour, paquet de cigarettes ou autre petit cadeau mais de toutes façons on a pas pensé à prendre ça dans les sacs à dos. Quoi qu’il en soit il nous explique très gentiment mais dans un anglais assez compliqué comment nous rendre au village et redescendre vers la mer.

[Photo] Balade à Port Resolution [Photo] La baie de Port Resolution [Photo] La baie de Port Resolution

En arrivant au village d’Ireupuow qui surplomble ce côté-ci de la baie de Port Resolution, on est complètement paumés pour rejoindre la plage où l’on voulait plonger. Les premières personnes rencontrées ne comprennent pas l’endroit où on veut aller (ou alors se moquent de nous vu qu’ils sont morts de rire), heureusement une femme vient à notre secours et en plus elle parle français ! Au fin fond de Tanna ça nous semble assez extraordinaire mais elle nous explique que c’est l’institutrice du village et que sa voisine est employée au relais de la baie des Tortues donc elle savait que nous étions Français. C’est sûr que vu le peu d’Occidentaux dans le coin elle avait peu de chances de se tromper !

[Photo] Le village d’Ireupuow [Photo] Le village d’Ireupuow [Photo] Le village d’Ireupuow [Photo] Le village d’Ireupuow

Elle nous indique gentiment le sentier jusqu’à la plage, qui n’est sans doute pas celle qu’on cherchait initialement mais très sympa quand même, tout à fait dans le style « bout du monde » ! Il n’y a pas vraiment de barrière de corail pour arrêter les vagues donc on hésite un peu à plonger ici surtout qu’on devine de gros rochers sous la surface sur lesquels il vaudrait mieux pas se faire secouer. Finalement je me mets à l’eau pendant que Lapinette reste sur la plage pour surveiller comment ça se passe.

[Photo] La plage d’Ireupuow [Photo] La plage d’Ireupuow [Photo] La plage d’Ireupuow

Sous l’eau rien d’extraordinaire, je suis bien balloté par les vagues et les poissons c’est pareil, ils restent planqués dans leurs trous. En plus il y a pas mal de courant, le trop plein d’eau apporté par les vagues s’évacue entre les patates de corail et c’est pas simple de pas être embarqué. Bref, je m’éternise pas sous la surface, d’ailleurs le trajet aller était bien plus long que prévu et il faut songer à rentrer avant la nuit qui tombe vite sous ces latitudes.

[Photo] Plongée à la plage d’Ireupuow [Photo] Plongée à la plage d’Ireupuow

[Photo] Plongée à la plage d’Ireupuow [Photo] Plongée à la plage d’Ireupuow

On reprend donc le sentier en sens inverse, au milieu des cochons et des chèvres comme à l’aller, et sans se paumer mais alors qu’il commence à faire sombre dans la jungle on rentre à la baie des Tortues. On a pressé le pas en voyant de gros nuages noirs s’accumuler au-dessus des montagnes…

[Photo] Le village d’Ireupuow [Photo] Le village d’Ireupuow [Photo] Le village d’Ireupuow

L’orage éclate dans la soirée, accompagné par un déluge de pluie qui ne s’arrête pas. Autour du feu Gillian nous raconte comment il y a quelques années, après plusieurs jours de pluies diluviennes comme ce soir, un glissement de terrain a enseveli une partie des bungalows et qu’elle en a réchappé de justesse, avec des blessures sérieuses quand même. Elle nous raconte aussi les histoires de cannibalisme, pratique qui a a priori disparu sur Tanna mais pas depuis très longtemps. De quoi passer une bonne nuit alors que l’orage ne faiblit pas…

Retour au sommaire

Vendredi 24 Octobre
La baie des Requins, périple en 4×4 jusqu’à l’aéroport et retour à Port Vila

On passe une nuit difficile, même en étant épuisés par les 20 kilomètres de marche de la veille, l’orage et le déluge ne cessent qu’au matin. On doit reprendre l’avion cette après-midi pour Efate, mais toute la nuit on s’est dit qu’on allait être bloqués ici en étant persuadés que la piste, déjà difficile à l’aller alors qu’elle était en bonnes conditions, sera cette fois impraticable.

Au petit-déjeuner Maurice annonce le score relevé à son pluviomètre : plus de 100 millilitres de pluie tombés pendant la nuit, il en conclut qu’effectivement son 4×4 ne passera pas les passages délicats pour retourner à l’aéroport, qui doivent être complètement ravinés sans compter la boue sur la piste. Il organise donc notre rapatriement, ainsi que celui de leurs amis qui repartent par le même vol que nous, avec Weri un chauffeur local de sa connaissance qui possède un énorme pickup et les excellentes compétences de pilotage indispensables pour nous ramener à bon port.

Comme le trajet risque d’être assez mouvementé on avance l’heure du départ à la fin de la matinée, ce qui nous laisse quand même le temps pour une dernière balade dans le coin. On décide donc de longer la plage qui borde la baie des Tortues pour atteindre une crique de l’autre côté de la pointe, où du haut de la falaise on peut paraît-il observer des requins citrons nageant en contrebas.

[Photo] La baie des Tortues [Photo] La baie des Tortues [Photo] Les Lapinous devant la baie des Tortues

La plage de la baie des Tortues serait vraiment parfaite pour jouer les Robinsons, déserte et bordée par une jungle qui semble assez impénétrable. On découvre même une pirogue et un abri en feuilles de palmier qui parachèvent le décor…

Au bout de la baie une petite falaise empêche de continuer, mais il y a une échelle bricolée qui permet de grimper jusqu’à un replat une dizaine de mètres au-dessus et de poursuivre ensuite un sentier dans la forêt. Et on est plutôt surpris, quelqu’un nous attend. C’est un habitant du coin dont la femme travaille au relais et à laquelle on avait dit qu’on irait certainement à la baie des Requins ce matin, elle a donc vraisemblablement averti son mari pour qu’il nous guide moyennant quelques pièces !

[Photo] La baie des Tortues [Photo] La baie des Tortues [Photo] L’échelle pour aller à la baie des Requins [Photo] La baie des Requins

Sam nous emmène donc à travers la jungle en haut d’une falaise qui surplomble la baie des Requins. Et là il nous explique très sérieusement que pour les faire venir il doit invoquer ses ancêtres et frapper sur un tronc d’arbre à proximité. Seulement nous on ne voit absolument rien sous la surface, il faut un long temps d’adaptation pour commencer effectivement à distinguer des formes claires qui ondulent à quelques mètres de la plage de sable noir en contrebas.

Il y a une petite dizaine de requins-citrons qui doivent mesurer dans les 2 mètres de long, mais il faut vraiment savoir qu’ils sont là… Sam poursuit son cérémonial de coups sur le tronc d’arbre, nos esprits rationnels préfèrent penser que les requins en ressentent les vibrations et comme il doit certainement les y habituer en leur donnant à manger d’habitude, ils sont attirés près du bord.

[Photo] La baie des Requins [Photo] Un requin-citron [Photo] Deux requins-citrons [Photo] La baie des Requins

Le guide nous emmène ensuite par un petit sentier à ras de la falaise jusqu’à la pointe, où l’on a une chouette vue sur la baie des Tortues où se trouve notre bungalow, quelque part dans la jungle côtière. Il nous propose de venir jusqu’à son village un peu plus loin pour visiter sa maison, ce qu’on aurait fait avec plaisir mais on est trop pressés par le temps à cause du départ pour l’aéroport en fin de matinée…

[Photo] La baie des Requins [Photo] La baie des Tortues [Photo] La baie des Requins

Sam nous montre aussi dans la forêt les variétés de plantes dont lui et les membres de sa tribu se servent comme médicaments ou pour repousser les insectes, et puis on arrive à un endroit où le sol a été dégagé et au milieu duquel des cailloux allongés sont disposés géomètriquement. Il nous explique que ces pierres font partie de leurs croyances, et commandent aux requins, au volcan, et à d’autres éléments de la nature environnante si on comprend à peu près. Par exemple selon lui, en changeant l’orientation d’une de ces pierres qui symbolise un requin, il pourrait les faire repartir vers le large. Bien sûr on prend un air convaincu en l’écoutant, mais le moins que l’on puisse dire c’est qu’il faut s’accrocher pour suivre !

[Photo] Dans la jungle [Photo] Dans la jungle [Photo] Dans la jungle

Après avoir glissé un petit billet au guide, et qu’il nous ait expliqué le sentier à travers la forêt pour retourner sur la plage de la baie des Tortues, on revient vers le relais en repassant par l’échelle qui permet de descendre de la falaise. On croise des enfants qui jouent au bord du lagon et qui nous regardent comme si l’on était des extraterrestes !

[Photo] L’échelle pour revenir de la baie des Requins [Photo] L’échelle pour revenir de la baie des Requins [Photo] Des enfants qui se baignent

Arrivés au bungalow on se dit qu’on a le temps pour une dernière plongée, surtout qu’Yves et sa femme (le couple d’amis de Maurice et Gillian) qui sortent de l’eau viennent de croiser une tortue dans le lagon ! Bien que la baie porte leur nom, les tortues y sont apparemment assez rares donc on voudrait profiter de l’aubaine, surtout après la mise en bouche à Moorea il y a quelques semaines où l’on en avait aperçu une dans le lagon mais sans avoir le temps de la prendre en photo.

Elle ne daigne malheureusement pas se remontrer et on se contente des petits poissons bariolés au-dessus du corail. L’eau du lagon est très chaude et très claire, la déception est vite surmontée…

[Photo] Plongée dans le lagon de la baie des Tortues [Photo] Plongée dans le lagon de la baie des Tortues [Photo] Plongée dans le lagon de la baie des Tortues

[Photo] Plongée dans le lagon de la baie des Tortues [Photo] Plongée dans le lagon de la baie des Tortues [Photo] Plongée dans le lagon de la baie des Tortues

Weri notre chauffeur à tous les quatre pour nous ramener jusqu’à l’aéroport arrive avec son gros 4×4, on finit les sacs en vitesse (qui pèsent bien plus lourds qu’en arrivant, toutes nos fringues sont humides à cause de la chaleur moite qu’il fait ici jour et nuit) avant de les charger dans la benne à l’arrière du pickup. Quelques dernières photos de notre hébergement pendant ces deux jours intenses, dans ce qui devrait être l’endroit le plus reculé de notre voyage à travers le Pacifique, et après un au revoir chaleureux avec Gillian et Maurice on s’engage sur la piste du retour avec un peu d’anxiété au sujet de l’état du parcours…

Jusqu’à la plaine de cendres du volcan ça va à peu près, c’est un bourbier mais qui reste praticable pour un véhicule tout-terrain de ce gabarit ! En plus le chauffeur a l’air de bien connaître son affaire, donc on reprend un peu confiance.

[Photo] Départ du relais [Photo] Départ du relais [Photo] Sur la piste pour rejoindre l’aéroport [Photo] Sur la piste pour rejoindre l’aéroport

Le paysage est chouette, on repasse au pied du volcan surmonté de son panache de fumée, et la plupart des indigènes sur le bord de la route nous font des grands signes amicaux. C’est ensuite que ça se complique car la piste grimpe par une suite de raidillons jusqu’au col qui sépare les deux versants de l’île. Et avec le déluge de cette nuit, des torrents de pluie ont creusés des fossés au milieu de la piste ou en ont emporté les bords, on longe parfois de très près un fossé béant dans lequel vaudrait mieux pas laisser trainer une roue…

[Photo] Le volcan Yasur [Photo] Le volcan Yasur

Et puis c’est le drame, enfin pas directement pour nous, dans une montée bien raide, complètement ravinée et vraiment délicate, on tombe sur un 4×4 coincé en travers du chemin, et pas moyen de le contourner il bloque tout le passage. On stresse pendant un long moment, Weri notre chauffeur dirige les opérations pour le dégager, l’autre conducteur a réussi le tour de force de bloquer deux de ses roues dans des énormes ornières et une troisième dans le fossé ! Il faut finalement plus d’une demie-heure avant que la dizaine de personnes qui aidait à le sortir de là parvienne à basculer le véhicule dans le fossé où il est ensuite plus simple de lui faire redescendre le raidillon pour libérer le chemin.

La voie dégagée, Weri négocie en souplesse le passage délicat et on poursuit notre parcours sous la pluie qui s’est remise à tomber, sans autre problème jusqu’à l’aéroport si ce n’est qu’à l’arrivée les sacs qui étaient à ciel ouvert dans la benne du pickup sont détrempés. On regardera les dégâts sur les fringues à l’hôtel à Port Vila, en attendant il faut les peser et heureusement l’employé de l’aéroport n’est pas trop regardant car ils dépassent maintenant chacun les 20 kilos autorisés.

On doit se peser aussi (pour ajuster au minimum le remplissage des réservoirs de l’avion ?) et là je suis scié : j’ai perdu une dizaine de kilos depuis qu’on est partis de France il y a maintenant un peu plus d’un mois. Même si ça se voyait un peu, j’aurais jamais pensé que c’était autant, conséquence du régime alimentaire plus léger qu’en métropole, et surtout de l’activité physique intensive entre les randos et la plongée plusieurs fois par jour. Lapinette a elle aussi perdu quelques kilos sur la balance, mais en moindre proportion vu qu’elle a aussi pris pas mal de muscles…

Le retour à Efate est assuré par le même petit avion de 20 places qu’il y a deux jours, cette fois ce n’est pas le même pilote relax et la fille aux commandes nous a tout l’air d’être en plein apprentissage. Pour encore moins nous rassurer il y a une mare de kérosène autour de l’avion quand on y prend place, ça nous semble assez limite au niveau de la sécurité. Mais le vol se passe bien et une fois arrivés à l’aéroport de Port Vila on récupère nos sacs, au milieu de colis hétéroclites dont notamment un coq vivant, emballé et étiquetté comme un bagage standard !

[Photo] Retour à Efate [Photo] Un bagage un peu spécial

Après les au revoir avec Yves et sa femme qui ont fait le trajet depuis le relais de la baie des Tortues jusqu’ici avec nous et qui repartent à présent vers la Nouvelle-Calédonie, et maintenant que l’on sait comment ça marche on prend un bus pour rejoindre notre hébergement pour la nuit à Anabru, le même hôtel qu’il y a quelques jours. On doit reprendre l’avion dès demain matin de très bonne heure pour Auckland, et d’ailleurs un peu stressés par le vol annulé pour quitter la Nouvelle-Calédonie il y a une semaine, ce coup-ci on s’est assuré à l’aéroport que le vol pour la Nouvelle-Zélande était bien confirmé…

On retrouve donc notre appart à l’Anabru Pacific Lodge, plutôt contents de se poser après ces deux jours assez épuisants bien que fantastiques, mais on se trouve face à deux problèmes : nos affaires sont détrempées dans les sacs, les paréos de Tahiti ont déteint et bousillé plusieurs fringues, et surtout Lapinette est malade et pas qu’un peu. On fait sécher comme on peut le contenu intégral de nos sacs de vêtements, on en étend partout : sur les ventilateurs, les chaises, dans la salle de bain… Et Lapinette se blinde de médicaments piochés dans notre trousse de pharmacie heureusement pléthorique.

En vidant les placards à la recherche de cintres pour suspendre un maximum de fringues, on constate qu’on a quelques sympathiques colocataires bien nourris…